A l’occasion de la 20ème édition du festival de musique Marsatac à Marseille, le DJ Boris Brejcha s’est prêté aux questions de la rédaction d’happeero. De sa « high-tech minimal » au rap, entre anecdotes et moment de franche sincérité, le jeune allemand fait tomber le masque et revient sur son attachement particulier à la France. Rencontre avec le showman étonnant qui fera la closing de l’immanquable Dour Festival.

Boris Brejcha par Boris Brejcha, ça donnerait quoi comme définition ?

Boris Brejcha : J’ai essayé d’inventer une marque qui représente mon nom et qui renvoie à mon propre genre par lui-même. Je voulais créer un nouveau style de musique où le nom parle de lui-même. À mon avis, il est important de se démarquer avec sa musique et son nom. C’est important de créer une ambiance spéciale et inhabituelle. Ce n’est pas évident de rester toujours au top dans l’industrie musicale, donc vous n’avez pas le choix que de trouver constamment de nouvelles idées.

En Chine, des médecins ont réussi à implanter un traceur électronique sous la peau d’un individu presque invisible à l’œil nu. Tu présentes ton style musical comme de la high-tech minimal. Un mot là-dessus ?

B.B : Le nom de mon style n’a rien à voir avec la technologie en soi. Bien sûr, c’est de la musique électronique, donc elle intègre des spécificités de sons électroniques. Comme je l’ai dit, j’ai essayé d’inventer un nouveau genre qui représente clairement mon univers musical bien particulier. Je pensais simplement que « high-tech minimal » sonnait bien. C’est un mélange de lignes de basses pénétrantes, de légères envolées plus mélodiques et de sons électro. Quand je mélange tous ces composants et que je leur donne ma touche personnelle, c’est ainsi que naît ma définition de « high-tech minimal ».

La musique électronique semble séduire un public de plus en plus large. Une explication selon toi ?

B.B : À mon avis, c’est la grande tendance mondiale du moment. Je pense qu’il n’y a qu’une minorité de personnes qui écoute de la musique techno en permanence. A côté de cela, les gens aiment être en transe et essayent d’échapper à la vie quotidienne. La musique techno et électronique est un bon exutoire pour y arriver. Le rythme, calé à celui des battements de notre cœur, engendre un sentiment de liberté lorsque l’on danse. Vous êtes capable de danser en transe. Je pense que c’est la principale raison pour laquelle les gens aiment ce style musical.

On se rappelle de ton énorme set quand tu es passé chez Cercle au Château de Fontainebleau. Quel serait le spot de tes rêves où te produire ?

B.B : Je n’ai pas réellement d’endroits où je rêve de jouer par dessus tout. A chacune de mes représentations, c’est déjà quelque part un rêve en soi. Pour moi, c’est important de procurer du bonheur au public durant une performance artistique. Le choix de la destination et le bon déroulé du voyage contribuent aussi à un concert réussi. J’aime particulièrement lorsque mes amis viennent me voir jouer, au milieu d’une foule réceptive à mes vibes.

Boris Brejcha a fondé son label "I am fcking serious".

Boris Brejcha a fondé son label « I am fcking serious ».

On pourrait t’appeler le DJ masqué. Aura t-on le droit un jour de voir la sueur perler sur ton front pendant un mix ?

B.B : Habituellement, je joue environ une heure avec mon masque et une heure sans. C’est toujours incroyable de voir la réaction des gens lorsqu’ils voient le « DJ masqué » arriver derrière les platines. Je sais également que les fans sont heureux quand ils peuvent me voir jouer sans masque. Je pense que c’est une bonne solution de montrer les deux visages pendant un DJ set.

Ton nom apparaît sur la line-up de plusieurs festivals cet été en France. Tu es devenu addict au vin et la baguette ou au public de chez nous ?

B.B : (Rires) C’est une question marrante. J’aime la France pour son architecture et, c’est vrai, j’aime aussi le vin et le pain. Mais les fans qui viennent me voir en live sont la véritable raison pour laquelle je me déplace si souvent en France. L’ambiance des soirées ici est toujours exceptionnelle et les technophiles sont vraiment incroyables. Les Français savent vraiment faire la fête !

Tu t’es produit pour la première fois à Marsatac à Marseille. A quoi t’attendais-tu et à quoi fallait-il s’attendre ?

B.B : Je n’ai généralement aucune attente avant de découvrir une nouvelle ville. Je veux garder mon esprit loin des préjugés et je veux tout expérimenter par moi-même. C’était un très bon moment et j’espère que chaque spectateur a pu se faire sa propre impression du spectacle.

Marseille, c’est une terre de rap avant d’être une terre de techno. Ton morceau ultime de hip hop que tu emmènes partout avec toi ?

B.B : Je n’écoute pas tellement de hip-hop, donc je ne connais pas beaucoup d’artistes de ce style. Ce que je peux dire, c’est que je porte habituellement des pantalons de jogging presque toute la journée, surtout pendant les vols et pendant mes live. Je pense que la mode de la scène hip-hop a influencé en partie mon style vestimentaire décontracté.

La ou les pépite(s) du moment que tu ne peux t’empêcher d’écouter…

B.B : Pour être honnête, je n’écoute pas souvent de musique. Bien sûr, j’allume la radio quand je suis en voiture mais je n’écoute pas franchement la musique d’autres artistes (à part de moi). Je veux garder l’esprit clair pour conserver une créativité illimitée et pour créer de nouveaux morceaux régulièrement.

L’instant promo pour le mot de la fin de Boris Brejcha…

B.B : Chers lecteurs de happeero, si vous voulez vivre une nouvelle expérience musicale, embarquez avec moi pour un voyage que vous n’oublierez pas. Laissez-vous être transportés dans un mélange de mélodies, de basses et de jeux de lumière. Savourez l’ambiance et profitez d’un bon moment avec vos amis. Mais surtout, sentez le pouvoir de la musique.