Le 8 mars, c’est la Journée Internationale des Droits des Femmes. C’est peu dire que depuis quelques mois, la question des rapports et des inégalités entre les hommes et les femmes est au cœur des débats. Et le monde de la musique électronique n’est pas exempt de tout reproche, loin de là. Alors pour que cette journée soit celle de l’équité entre les sexes, de la promotion des artistes féminines et plus largement de l’amour dans son entière globalité, on a décidé de vous concocter le top 12 des DJ femmes qui retournent chaque weekends les clubs du monde entier. Sans oublier

Dans un article du New York Times en 2015, Paula Temple, figure emblématique de l’univers techno britannique, commençait son interview ainsi : « Peut-être que lorsque nous atteindrons le point où la mise à l’écart, la mise à l’écart, le dénigrement, la prise en charge, le réductionnisme, les environnements hostiles et le harcèlement sexuel ont disparu, il y aurait moins de raison pour créer des projets entièrement féminins. » Alors que nous vivons dans un monde inégal, il reste crucial de soutenir les voix qui ne sont pas toujours à l’aise avec la culture des clubs. A l’image des 45 festivals internationaux de musique qui viennent de signer une charte en faveur de la parité dans leur programmation. Petite revue des femmes qui comptent briser les codes par leur engagement autant que par leur créativité musicale.

Les DJ femmes aux platines

A la rédaction, on n’avait pas envie de parler de Nina Kravitz, d’Amélie Lens, de deborah de luca ou de Charlotte de Witte pour répéter une énième fois leurs ascensions. Même si on les adore, on a pris le parti de vous (re)présenter des DJettes moins en vue et pourtant bourrées de talent. Découvrez la liste maintenant.

ONYVAA

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Cocorico ! On commence cette liste avec l’une des grandes révélations de la scène techno de ces dernières années : ONYVAA. Originaire de Los Angeles mais résidant à Paris, ONYVAA s’inscrit désormais dans le panorama des incontournables artistes qui vagabonde dans les clubs du Vieux Continent. DJ, productrice et propriétaire de son label underground parisien Passeport Records, elle combine la chaleur analogique, les beats massifs et les vocalises orientales à merveille. Derrière les platines, elle vous embarque littéralement en voyage onirique. Elle avait démontrée tout son talent lors de son passage chez Cercle comme de nombreuses autres DJ femmes, pour le plus grand bonheur de ses premiers fans du groupe Pan-Pot.

Helena Hauff

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On imagine que certains d’entre vous connaissent déjà Helena Hauff. Et pour ceux qui ne la connaisse pas encore, c’est parti pour la session rattrapage. Helena Hauff est une DJ et productrice allemande basée à Hambourg. Son univers sonore est enraciné dans un mélange d’envolées acides, de rythmiques froides tout droit venues de Detroit jusqu’à certaines influences minimalistes. Son monde électrifié, futuriste, tout en conservant de fortes traces d’émotivité et d’expérimentalisme. Dernièrement, elle a réussi à sortir plusieurs albums sur des labels tels que Werk Discs, Ninja Tune, PAN et Blackest Ever Black. Ses influences se retrouvent dans chaque mixtape où les beats industriels lourds et l’expérimentalisme parfois abstrait rencontrent la crudité ou l’élégance des formes de la deep techno.

Le parcours musical d’Helena a commencé dès son enfance en arpentant les archives de la bibliothèque locale. The Cure ou Karlheinz Stockhausen l’ont profondément marqué au point de reprendre certains titres originaux et d’en faire de véritables tracks teintées de techno. Sa créativité l’a poussé à collaborer avec James Dean Brown dans son légendaire projet néo-tribal Hypnobeat. Preuve de son talent indiscutable, Helena est résidente du club le plus prestigieux d’Hambourg, le Golden Pudel.

 

NUSHA

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Voilà 10 ans qu’elle a réellement percé, bien qu’elle soit tombée dans la marmite de l’électro étant toute petite. Très vite, elle s’est fait un nom chez les puristes, avant d’élargir son public pour rejoindre sur scène des artistes aussi éclectiques que Dubfire, Solomun, Green Velvet, Monika Kruse ou encore James Zabiela. De Buenos Aires à Tokyo, en passant par Helsinki ou Johannesburg, elle a écumé les plus grands clubs du monde. Ses performances live ne doivent cependant pas éclipser ses productions musicales, notamment chez Defected Records, Suruba X ou 1Trax. Jamais sans son casque – on l’a aperçu dans la salle d’attente d’un médecin le casque plaqué sur les oreilles, elle aime apporter de la nouveauté. On comprend mieux pourquoi son aura à l’internationale ne cesse de grandir. Appréciez son énergie débordante en DJ set, on ne peut que taper du pied.

Anastasia Kristensen

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Anastasia Kristensen ne fait pas partie des DJ femmes mais des viking ! Fière de ses origines et fidèle à son camp de base, Copenhague. Une force même de la nature qui déplace les sons et les tempos à tout moment. Qu’il s’agisse de ses productions ou de ses sets, elle provoque toujours un tourbillon d’intensité qui nous prend aux tripes, comme un vent glacial venu du Nord. Chose étonnante, elle dit s’inspirer des ballets russes pour composer sa musique et parcourt les disquaires du monde entier pour satisfaire sa curiosité musicale. Avec son titre « Spring Ballade » sorti sur Nous Disques en 2016 et un travail précédent avec BLD et Monasterio, elle ne cherchait qu’à aller de l’avant et à se tailler une place parmi les ovni venus de Scandinavie.

Anastasia Kristensen est friande des breaks de barrel qu’elle incorpore à ses tracks selon ses envies et souhaite représenter la mouvance d’une techno vibrante et d’une électro flottante. Elle est régulièrement invitée à mxier sur Mixmag ou à la Red Bull Music Academy, bien déterminé à prendre encore plus de poids dans la sphère underground.

tINI

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Connue pour ses cheveux bouclés et son tempérament puissant, tINI s’implique dès l’âge de 7 ans et s’imposera avec des rythmes mystiques tirés des contes de son enfance comme une étoile montante des DJ femmes. La DJ et productrice allemande a commencé par le hip-hop underground, un peu à la 8 miles, avant de se diriger davantage vers des tonalités plus électroniques voire électriques. Au fur et à mesure que ses connaissances et ses techniques se sont développées, ses sets à base d’enchaînement de vinyls ont prouvé ses talents de mixeuses et l’amour réel et profond de la musique bien construite et bien amenée.

tINI fait partie intégrante de Desolat depuis que Loco Dice et Martin Buttrich l’ont remarqué. BPM, Ultra Music ou encore l’Exit Festival ne sont que quelques-unes des nombreuses dates auxquelles elle a participé. L’avenir lui tend les bras comme on tend nos écoutilles lorsqu’elle déboule à 20h au Sonus Festival pour enchanter un coucher de soleil estival. Un peu de chaleur de nos petits cœurs.

Xosar

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Née aux États-Unis, l’artiste basée à Berlin et ses vibes séduisantes oscillent entre les arpèges mélodiques et des tempos techno beaucoup plus bruts. Des labels tels que L.I.E.S. et Opal Tapes lui ont fait les yeux doux avant de créer sa propre entité dénommée Gyrocyre. Xosar surfe sur un flot continu de singles très souvent salués par la critique, qui n’hésite pas à lui consacrer des interviews croustillantes. Influencée par les sonorités expérimentales, les bandes sons des films d’horreur, le black metal, le lo-fi electronica et la techno hypnotisante, elle a affirmé récemment que son but est « d’exploiter l’énergie de l’émotion pour la faire résonner dans les profondeurs de l’existence humaine. » Rien que ça… Lors de ses live sets, elle évite au maximum de manipuler son ordinateur portable, privilégiant les boîtes à rythmes, les sampleurs et les effets en tout genre. Comme une invitation à explorer l’au-delà, cette part mystérieuse de notre être.

BEC

Elle fait partie des 10 meilleures artistes qui officient dans le métro londonien. Ce n’est pas nous qui le disons, mais bien l’influent Pulse Magazine. Un titre honorifique qui lui a valu d’être approchée par le duo Pan-Pot, tombé sous le charme du talent de la native de Brighton. Quelques semaines de négociation, et là voilà membre du collectif Second State, parcourant le monde pour diffuser ses ondes néo-berlinoises en représentant les DJ femmes.

A 20 ans déjà, on pouvait la voir mixer à Hong Kong ou Barcelone durant l’hiver, bien décidée à profiter de l’été avec ses amis comme n’importe quelle jeune femme de son âge. Oui mais voilà, le succès grandissant, l’élite de l’industrie techno du monde commençait déjà à se l’arracher, non-contents de booker une DJ capable de grimper en BPM au cours d’un même set, passant d’un groove charnel à de l’acid endiablé.

 

Tijana T

DJ femmes

Depuis plus de dix ans, Tijana T est une figure incontournable de la scène serbe particulièrement au sein des DJ femmes. En 2016, elle décide de faire le grand saut en s’exportant à l’international, régulièrement à l’affiche des clubs d’Europe de l’Ouest et des festivals en Inde, au Japon ou aux Etats-Unis. Pendant des années, c’était le visage officiel du festival Exit accompagnée par le producteur Abe Duque. Leur duo live spectaculaire a fait bouger les dancefloors de Paris à Sydney grâce à des tracks appréciés par les amateurs de house et d’électro. On retrouve parfois sa voix de chanteuse sur des collaborations avec Marc Houle et Gerbruder Teichmann notamment.

Charismatique, Tijana T est la première serbe a s’être produite au légendaire Space à Ibiza en 2013, avant d’entrer un peu plus dans l’histoire en proposant un mix techno phénoménal au  célèbre club berlinois du Berghain.

 

Ida Engberg

DJ femmes

Un produit du talent sans fin suédois et techno, Ida Engberg s’est taillé une carrière de DJ et productrice à travers un travail acharné et passionné. Elle est désormais internationalement reconnue pour sa techno de qui vous fait transpirer autant qu’un marathon sous une chaleur caniculaire. Son répertoire s’agrandit de semaines en semaines comme le prouve sa tournée impressionnante pour 2018, où elle se produira à Melbourne, Mexico ou Moscou. Son mariage en 2016 avec le producteur du label Drumcode Adam Beyer avait fait beaucoup parlé. Deux ans après, il faut reconnaître que l’amour lui a donné des ailes, à l’écoute de cette track époustouflante. Un top DJ femmes.

Daniela Caldellas

DJ femmes

Comme toutes les DJ femmes, Daniela Caldellas a une histoire quasi fusionnelle avec la musique. Elle a commencé comme pianiste émérite avant de s’orienter vers le chant, notamment pendant son adolescence lorsqu’elle forme un groupe de punk avec ses meilleurs amis. Elle découvre la musique électronique à travers des artistes comme Kraftwerk, Dopplereffekt, Atom TM, Depeche Mode ou Juan Atkins, et comprend qu’elle touche enfin ce qu’elle cherchait en termes d’expression créative. Une forme de musique sans limites, où chaque son imaginable pourrait être atteint. Un seul credo : impossible n’existe pas.

Elle collectionne rapidement des synthés analogiques et des boîtes à rythmes, faisant des expériences en studio nuit et jour. Aujourd’hui, avec plusieurs sorties couronnées de succès à son compteur et des centaines de concerts à travers le monde, elle revient à ses racines techno et électro avec TERR, patron du label Clash Lion, une autre expérience sonore pour l’esprit. Elle travaille également sur un set complet, où elle souhaite transposer son énergie lorsqu’elle compose en studio sur la scène.

Vonda7

DJ femmes

Parmi les DJ femmes, elle fait partie de la nouvelle vague techno qui envoûte les amateurs de pureté et d’acidité. Incontestablement. DJ éclectique, productrice excentrique, on pourrait la caricaturer en pilote de vaisseau spatial égaré partie à la recherche du temps perdu. En fait, il s’agit d’une solide techno que l’on peut imaginer dénichée aux quatre coins de la planète, tantôt quasi-médiévale, tantôt profondément moderne. L’antonyme de l’anachronisme. Berlinoise férue d’explorations insoupçonnées, elle commence à émerger sur les cimes de la scène mondiale grâce à son univers rude, presque méchant. Ça tabasse, ça fait mal, mais on en redemande encore.

TGAF

Dj femmes

TGAF est un collectif français composé de cinq DJ femmes. L’acronyme inhabituel signifie These Girls Are on Fiyah. Carin Kelly, Malibu, DJ Ouai, Miley Serious et Oklou sont devenues une équipe fin 2016 et ont une émission mensuelle de radio sur la station PIIAF, sur laquelle elles n’hésitent pas à proposer un mélange de house, de pop, d’expérimental et de hits parade. Chacune de leurs émissions est orienté autour d’un thème différent, les trois premiers étant Air, Fantasy, et 3 heures du matin. Jouant parfois séparément, souvent ensemble, elles affectionnent particulièrement les soirées parisiennes. Quand le coeur leur en dit, elles se risquent à se produire dans les clubs de Berlin, toujours heureux de les accueillir sur leurs line-up pour promouvoir la French touch au pays des technophiles.

Vincent Bourquin