Après des mois d’actu, d’articles, de reporting en festival, le blog happeero se lance un nouveau défi. Dénicher, s’entretenir et publier chaque mercredi une rencontre avec ceux qui émoustillent tes oreilles, ceux qui te font taper du pied les weekends et ceux qui en coulisses te mettent bien tout au long de l’année. Bref, ceux qui permettent à la France d’être aujourd’hui l’un des pays les plus prolifiques en matière de musiques électroniques. La semaine dernière, on vous parlait de DYS de l’asso événementielle marseillaise IN’OUBLIABLES. Aujourd’hui, c’est Gramophen !

La tribu Gramophen nous fait vivre des nuits folles à Paris depuis un bon moment. On a donc décidé d’aller en savoir un peu plus sur nos 3 shammans des temps modernes.

happeero: Gramophen, quésaco ?

Thomas: Gramophen c’est le rassemblement d’Alex et des frangins Rom & Tom autour de la deep & tech ethnic.

Ce style offre une musique teintée d’instruments exotiques (djembé, hang, marimbas, flûte de pan, cithare…) aux influences d’Amérique latine ou du bassin méditerranéen. L’ensemble est porté par une ligne de basses rondes et envoûtantes. Les percussions tribales apportent une dynamique joyeuse enivrée par la répétitivité et la progression de la musique. Enfin, les voix méditatives et chamaniques jalonnent ce voyage et ouvrent à l’auditeur une fenêtre d’exaltation cathartique. 

La deep ethnic, avec son tempo lent de 90-120bpm, plonge l’audience dans un état de bien-être intérieur et laisse l’opportunité de fusionner de tout son être avec la musique.

Gramophen

happeero: Monter un collectif de musique est une aventure magique. Une anecdote à partager sur ton crew ?

Thomas: Le truc chouette de mixer à 3 c’est que chacun y va de sa sensibilité et de ses connaissances musicales, du coup nos DJ sets sont variés, et on se complète à fond pour créer une véritable “histoire” avec introduction, péripéties avec rebondissements et accalmies avant un happy closing.
Les petites anecdotes datent de l’époque avant notre crew, quand on faisait des sono mariages…. Des pépites que l’on racontera volontiers autour d’une bonne bière !

happeero:  La musique ethnique, c’est une affaire de passion. D’où vient-elle pour toi ?

Thomas: On a joué beaucoup de techno et de tech-house avant d’en arriver là. On était tous très curieux et à l’écoute de bien des styles de musiques mais on a toujours eu au fond de nous ce petit attrait pour les musiques aux influences sud-américaines et moyen-orientales. Ca nous vient sûrement de ce que nous faisaient écouter nos parents quand on était plus jeunes. Puis on s’est entraînés les uns les autres dans nos découvertes musicales pour en arriver à la deep ethnic.


Une soirée bien révélatrice et qui a confirmé notre orientation était Le Rituel organisé par les collectifs La Horde & Rituel au Couvent des Cordeliers au coeur de Paris en 2015 avec NU, Satori, Birds of Mind… L’énergie qu’il y avait était magique et la population tellement ouverte et bienveillante qu’on s’est simplement dit que c’était la vie !
Nous avons la chance de profiter de cette déferlante deep ethnic en pleine explosion grâce à de nombreux artistes qui percent et rejoignent les line-ups des plus grands festivals actuels (LUM, Oceanvs Orientalis, Be Svendsen, Viken Arman, Mira sur la prog du Robot Heart au Burning Man 2017 !), mais également, dans notre chère capitale parisienne, de 3 gros collectifs qui rassemblent également ces artistes (vous en avez déjà entendu parler j’imagine) : Horde, Ayahuasca Paris, Rituel.


Je pense que cet engouement partagé autour de cette musique vient de l’évolution de ce que l’on recherche et souhaite ressentir à travers la musique électronique aujourd’hui. A l’instar de l’aspect cathartique de la techno par le défoulement, la deep ethnic apporte émotions, contrastes et ramène à la relation entre l’Homme, son prochain et l’environnement, tel un voyage initiatique visant à procurer communion et bien-être.

happeero: Jeffs Mills a reçu la Légion d’honneur par Jack Lang l’an dernier. C’est quoi ton point d’honneur dans ce que vous faites  ?

Thomas: Partager un état d’exaltation musicale avec tous ceux présents aux soirées auxquelles on mixe. Notre plus grande récompense est de voir les gens se laisser porter par la musique que nous jouons et vibrer avec nous sur son rythme.

happeero: Londres, Berlin, Ibiza… Plusieurs villes européennes revendiquent être capitale de la fête. Pour toi, quelle est-elle ?

Thomas: Nous ne les avons pas encore toutes découvertes mais si être la capitale de la fête permet de justifier des soirées sur-bondées à des prix exorbitants alors on préfère se diriger vers de petites bourgades européennes qui ne paient pas de mine 🙂

happeero: Quand sera votre prochain set? A quoi faut-il s’attendre ?

Thomas: On a quelques projets en discussion en ce moment, on vous en dira plus dans les prochaines semaines via notre page Gramophen.

happeero:  La techno de Nina Kravitz va être diffusée par la NASA pour tenter de contacter les extraterrestres. Dans 5 ans, Tu te vois sur Mars ou six pieds sous Terre ? 🙂 

Thomas: Qui sait ce que l’avenir nous réserve ? On garde le projet Gramophen en véritable passion à côté de nos boulots respectifs mais malgré tout on a à coeur de le développer. On réfléchit notamment à un projet de live set hybrid où nous serions tous les 3 à bosser en simultané sur nos contrôleurs pour proposer quelque chose d’alternatif et de nouveau. Affaire à suivre…

happeero:  Nos lecteurs sont des fêtards aguerris. Si tu devais donner 3 morceaux à diffuser coûte que coûte en soirée, quels seraient-ils ?

Dandara – La Sierra

Yør Kultura – Nomads

The Sorry Entertainers – The End of All Times

+1 petit coup de <3 : Adrian Oblanca – Sueño Robado

 

happeero: Comment parvenez-vous à dénicher tous ces morceaux ? D’où vient votre identité ?

Thomas: Déjà on y passe du temps, beaucoup de temps ! Ca fait maintenant quelques années qu’on se crée notre identité en allant piocher ici et là des sons qui nous font vibrer, on assemble tout ça, et on voit comment ça rend. Et puis depuis quelques temps on a créé notre page soundcloud pour partager nos coups de coeur et dj sets. Ca nous a permis d’entrer en relation avec des passionnés et artistes de tous les horizons ! On reçoit régulièrement des unreleased, ou des maquettes. On aime bien ce genre de partage.

happeero:  Personnellement, le premier track qui m’a fait aimer la musique électronique était Moby – Disco Lies (Dusty kid remix), quel est le tien ?

Tom : Je me rappelle de ce jour où j’étais au volant et mon frère m’a fait découvrir : N’to – the Sand Dealer (2012). J’ai littéralement buggé sur ce track que je trouve toujours aussi incroyable en terme de rythmique, de construction et d’évolution. Pour moi tout est parti de là.
Rom : Pour ma part, la première track qui m’a révélé toute la puissance de la musique électronique, celle avec un gros kick et un gros orgue qui déménage tout, c’est Eiffel 65 – My Console (1999). Un gros clavier qui te remue l’intérieur des tripes et te fait vibrer de l’intérieur ! (et je n’avais pas de console à l’époque, je tiens à préciser).

Alex : C’est également N’to qui m’a fait plonger dans la musique électronique, mais pour moi c’était N’to – Every Wall is a Door (2012). Son caractère planant m’a tout de suite fasciné, je l’ai écouté en boucle pendant longtemps ! Et puis au bout d’un moment ça m’a un peu lassé, alors j’ai commencé à chercher des sons, tout est parti de là.

happeero: L’instant promo pour le mot de la fin ?

Voici un de nos derniers sets qui vous mènera dans notre univers, à écouter au réveil, en bossant & à l’happeero 😉 https://soundcloud.com/gramophen/gramophen-lake-sevan

Pour nous suivre, rendez-vous sur Facebook ou Soundcloud !

Merci à l’équipe pour cette interview et on espère vous revoir très vite aux détours d’une soirée 🙂

Gramophen

Pour retrouver toutes les soirées du Collectif Gramophen et bien d’autres, c’est sur happeero !