Belle-Île. Comment un nom si évocateur aurait pu faire l’impasse sur l’organisation d’un festival. C’eut été une offense, ma bonne Dame ! Le 11 et 12 août prochain, le bout de terre détaché du Morbihan accueillera la dixième édition du festival Belle-Île On Air. Et qui dit décennie, dit invités de marque. Bienvenue dans l’antichambre du paradis.

Cap sur l’écoresponsabilité avec Belle-Île On Air

Les festivals de musiques ont tous leur propres histoires, aussi étonnantes ou originales soient elles. Dans ce paysage événementiel largement dominé par quelques mastodontes (Tomorrowland, Sziget, Rock en Scène, Les Eurocks…), l’un d’entre eux a su tirer son épingle du jeu. L’histoire commence en 2008, lorsque cinq copains insulaires ont le désir d’organiser un rassemblement d’amoureux d’électro et de gigs en tous genres. Succès après succès, l’association belliloise Tomm’Eo persiste et signe pour proposer un événement à la fois festif et éco-responsable. Une jolie définition de la maxime « joindre l’utile à l’agréable ».

Le spot de l’événement, coincé entre la plage du Palais et des fortifications dignes de Castral Roc – en réalité construites par Vauban le visionnaire – est une invitation au voyage. Chacun laisse ses traquas du quotidien au pont d’embarquement sur la belle Quiberon, à portée de regard, pour se ressourcer et s’adonner aux plaisirs simples que peut offrir un festival de musique. Bon son, bières fraîches et camping à la belle étoile pendant deux jours, sans doute l’un des meilleurs cocktails pour un weekend prolongé réussi.

Comme à leurs habitudes, les organisateurs de Belle-Île On Air ont prévu une scénographie presque exclusivement faite à base de récup’ et d’objets de seconde main. Objectif : sensibiliser au gaspillage par l’action. Intimiste et profondément citoyen, Belle-Ile-On-Air va à contre-courant des événements mainstream.

Programmation : la croisière s’amuse entre électro et hip hop

L’amour dure dix ans à Belle-Île On Air. Preuve d’un réel sentiment d’attachement avec les festivaliers, l’association a souhaité frapper un grand coup pour marquer cet anniversaire en invitant le majestueux Bambounou, une des révélations électro de l’année. Difficile de résister à quelques pas de danse face à ses sonorités afro-house, qui ont comblé de bonheur les heureux élus présents à son dj set à l’Institut du Monde Arabe il y a peu… et sold out en 36 secondes !

Pour l’épauler, la techno aux influences jazzy de Stavroz, la minimal du jeune producteur Thurman ou les mélodies envoûtantes de Superpoze devraient ajouter un peu plus d’enchantement à cette programmation. On est également impatient de découvrir le live de Cotton Claw, les chouchous du moment de la rédaction.

Cette édition sera marquée par prédominance de jeunes talents du hip-hop français et international. Les musique est bel et bien une langue universelle, abrogeant les frontières entre les pays comme entre les individus. A l’image du concert attendu de l’influent Seun Kuti, fils de Fela Kuti accompagné de l’orchestre de son génialissime père Egypt 80, transportera les Bellilois dans l’atmosphère colorée et énergique de Lagos. Fidèle à leur nom de scène, le duo Soul & Tropiques proposera un mix entièrement réalisé à l’aide de vinyles, oscillant entre la dub, le reggae et les sonorités antillaises. Enfin, le duo de Leska se chargera d’électriser la scène quand EZPZ crachera sa prose subtile et percutante aux 5.000 festivaliers. Tel les inlassables remous des vagues se brisant en bord de plage à quelques pas de là.

Mention spéciale pour la fanfare allemande Meute, qui avait étincelé la Toile avec leur reprise de Laurent Garnier dans le métro de Rennes pour le plus grand bonheur des amateurs de techno.

Une chose est sûre : l’aventure commencera à peine le pied posé sur le bateau pour traverser un bout de l’Atlantique, tente sous le bras et tenue de marins appréciée. Bref, comme le dirait le dicton – que nous venons d’inventer – si notre cœur est Belle-Ile, allons s’échouer sur la plage des émotions.